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Rencontre-débat avec André PIERDEL
L'histoire d'André
DELEPIERRE, alias PIERDEL,
se confond avec celle de la grande histoire du cinéma français,
des années 1950 à 1980.
Artiste
précoce, il fait ses débuts artistiques à l'âge de 10 ans comme
illusionniste. Sa rencontre en 1941 avec Jacques Tati, de son
vrai nom Tatischeff, sera décisive pour son orientation future.
Mime et gagman de classe internationale, Tati se prend d'amitié
pour Pierdel, surnommé alors
le « magicien cubiste ». Ecumant
tous les grands music-halls de l'après-guerre (Bobino,
l'Alhambra, l'ABC...), Pierdel y fait la connaissance du
débutant André Bourvil et participe à de nombreux galas à
l'étranger.

De la magie
aux effets spéciaux, la voie était toute tracée pour cet artisan
du merveilleux. Engagé dans le premier film important de Jacques
Tati, Jour de Fête
(suivi des Vacances de Monsieur Hulot et du génial
Playtime), Pierdel, le manuel, l'inventif deviendra, au fil
des 180 films auxquels il participa, un véritable spécialiste
des trucages cinématographiques, très proches selon lui de la
magie : « dans un trucage, il faut à la fois que le public ne
s'aperçoive pas de la supercherie et que la scène tournée
corresponde au désir du metteur en scène ». Il côtoie les
plus grands acteurs de l'époque (Gabin, Delon, Belmondo,
Mireille Darc, Annie Girardot, Jeanne Moreau...), partage
l'univers de réalisateurs à succès (Henri Verneuil, Robert
Enrico, Philippe de Broca...) et est recruté par Orson Wells sur
Le Procès.
Dans l'esprit
de Méliès, Pierdel a su faire entrevoir la part de magie
présente dans le cinéma, en inventant des effets spéciaux
porteurs d'illusions et de rêves. |